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Interview de Jean-François Veroux

ELMS - 11/09/2008

Quelle est votre fonction au sein de l'organisation Le Mans Series ?

"Je suis Président du collège des Commissaires Sportifs depuis deux ans et je le suis bénévolement."

De combien de personnes est composée votre équipe ?

"Nous sommes 3 Commissaires Sportifs dont deux permanents, Jean-Pierre Baudriller et moi-même. Le troisième Commissaire est désigné par le pays qui accueille l'épreuve."

Comment devient-on Commissaire Sportif ?

"Pour être Commissaire Sportif, il est nécessaire d'obtenir une licence délivrée par votre fédération nationale. Pour moi, c'est la Fédération Française de Sport Automobile (FFSA).

Il est possible de devenir Commissaire Sportif en évoluant et en passant par différents postes mais on peut également le devenir en apportant la preuve d'une expérience suffisante en matière de sport automobile et notamment de réglementation sportive. Dans ce cas, la fédération vous autorise à passer un examen officiel pour contrôler les connaissances et ainsi, vous devenez Commissaire Sportif.

C'est ce que j'ai fait, et depuis, on m'a demandé d'assurer la présidence du collège des Commissaires Sportif, l'ultime étape."

Qu'est ce qui vous a amené à devenir Président du collège des Commissaires Sportifs ?

"Je connais très bien le domaine du sport automobile puisque j'ai une expérience de pilote depuis plus de 28 ans. J'ai à mon actif 180 courses nationales et internationales dont les 24 Heures du Mans. J'ai donc pu faire valoir mon expérience auprès de la FFSA et ainsi devenir Commissaire Sportif en passant l'examen officiel. J'ai été également membre du Comité Directeur de la FFSA pendant 10 ans et je suis toujours Juge à la Cour d'Appel Internationale de la FIA. J'ai par ailleurs été Commissaire Sportif en Formule 1."

Quels sont vos liens avec le Directeur de Course ?

" En tant que Commissaire Sportif, je veille à l'application des règlements sportifs alors que le Directeur de Course le fait aussi mais sous un angle beaucoup plus immédiat via une gestion en direct de la course.

Nous sommes également un organe d'appel de certaines décisions prises par les officiels comme les Commissaires Techniques. Nous sommes saisis par le Directeur de Course des manquements au règlement commis par les pilotes ou concurrents. Prenons l'exemple d'une conduite dangereuse répétée d'un pilote ; ce dernier peut être sanctionné et se voir attribuer un blâme, une amende ou encore risquer l'exclusion. L'amende peut atteindre 50 000 $. "

Quelles sont vos missions pendant ce week-end* ?

"Tout d'abord, nous pouvons, comme nous l'avons fait ce matin, Par exemple, ce matin, nous avons statué sur un problème de voiture non conforme sur rapport des Commissaires Techniques. Ainsi, deux voitures ne prendront pas le départ ce week-end.

Egalement, une décision a été prise quant à l'absence d'un pilote au briefing. Sans raison valable, c'est une amende qui est ordonnée.

Une autre mission très importante qui nous incombe est d'établir la grille de départ. C'est une tâche complexe car il faut tenir compte de certains pilotes qui n'ont pas réussi les minima des qualifications, de certaines voitures qui partiront avec des pneus non marqués et donc qui seront rétrogradés sur la grille, de changements pilotes à la dernière minute … tout cela rend la mise en place de la grille de départ beaucoup plus difficile !

Pendant la course, à chaque fois que le Directeur de Course nous signale une infraction au règlement, nous tenons une audience contradictoire. Nous convoquons et entendons le pilote, le team manager. Nous visionnons les bandes vidéo, nous pouvons même entendre des témoins. A la suite de cela, nous délibérons et prenons une décision.

Il nous arrive également de juger les réclamations entre concurrents.

Au-delà de cette mission juridictionnelle, je considère que nous avons un devoir pédagogique vis-à-vis des concurrents et des pilotes qui consistent à les éclairer sur certains points du règlement ainsi que sur la façon dont nous l'interprétons et l'appliquons. Cela suppose bien sûr un dialogue avec les participants.

Enfin, après chaque épreuve, j'adresse une note au Directeur de Course en suggérant le cas échéant quelques modifications réglementaires tirées de ce que nous avons vécu pendant cette course. »

Qu'est-ce qui vous a motivé à devenir Commissaire Sportif ?

« C'est un milieu qui complète celui dans lequel je travaille puisque je suis avocat d'affaire.

J'additionne mes compétences et expériences juridiques à mes compétences et expériences en matière de sport automobile. Ma première expérience en tant que Commissaire Sportif fut lors des épreuves de Championnat de France. »

A quand remonte cette passion de l'automobile ?

"Depuis que j'ai vu la Corvette de Briggs Cuningham démarrer devant moi aux 24 Heures du Mans en 1957 ! "

Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon Commissaire Sportif ?

" Il faut savoir prendre du recul mais surtout, savoir le faire très rapidement."

Quand une décision est à prendre, elle doit se prendre vite. Nous sommes au cœur de l'action, les événements peuvent arriver très soudainement. Il ne faut donc pas être pris au dépourvu.

Par ailleurs, il faut être indépendant et impartial. N'oublions pas que la plupart des teams managers, des pilotes, je les connais ; certains sont même des amis !

Il faut également être rapide dans la prise de décision. La feuille de classement doit être rendue au plus vite donc on ne peut pas se permettre d'hésiter et de perdre du temps.

Et pour finir, je pense qu'avoir une base technique et juridique est indispensable car il faut savoir ce qu'est une course et bien entendu, de quoi on parle, pour statuer non seulement en droit mais aussi en équité sportive ! »

Quelles sont les différences en tant que Commissaire Sportif lorsque vous officiez en Le Mans Series et dans les autres championnats ?

« Deux spécificités fondamentales :

L'une tient au caractère international de cette Série avec des pilotes, des teams venant des quatre coins du monde pour des courses qui se déroulent toutes à l'étranger ; il est donc primordial de savoir parler plusieurs langues pour éviter des malentendus.

L'autre réside dans la longueur de l'épreuve qui dure 6 heures, voire 10 heures dans certains cas ! "

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui souhaiterait devenir Commissaire Sportif ?

"Je lui dirais d'oublier qu'il a du pouvoir et d'essayer d'avoir de l'autorité ! "

*Interview recueillie au Nürburgring - août 2008

 

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